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Le colonel Driant, de l’Aisne à Verdun

Né en 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne, le père d’Emile Auguste Driant voulait qu’il devienne notaire et prenne sa succession. Marqué par la perte de l’Alsace-Lorraine, le jeune Driant aspirait, quant à lui, à la revanche. Premier prix d’histoire au Concours général, il sera donc soldat. Après des études brillantes au lycée de Reims, il intègre l’école militaire de Saint-Cyr en 1875, promotion la « Dernière de Wagram » (18 anciens de cette promotion tomberont durant la guerre).

Deux ans plus tard, il entame une carrière militaire des plus méritantes au grade de lieutenant dans l’infanterie. Gendre du général Boulanger, dont il épouse la fille cadette, Marcelle. Il devient instructeur à Saint-Cyr. Promu commandant, il prend la tête du 1er bataillon de chasseurs à pied (BCP), une troupe d’élite. Parallèlement, il devient écrivain sous le pseudonyme de Danrit ou capitaine Danrit. Il est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages de fiction et d’anticipation de la guerre.

Driant a aussi la volonté d’imposer ses idées en politique. Patriote intransigeant, fervent catholique, il dénonce la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Il finit par être sanctionné pour ses prises de position. Finalement, il donne sa démission de l’armée en 1905. Ami de Paul Déroulède et de Maurice Barrès, il plaide pour la défense de l’armée et la préparation à la guerre. Il est élu député de Nancy en 1910.

Driant à 59 ans lorsque la France entre en guerre en août 1914. Dégagé de ses obligations militaires, il se porte volontaire. Promu lieutenant-colonel, il rejoint la région fortifiée de Verdun à l’automne 1915. Il reçoit la défense du secteur du Bois des Caures, au nord de Verdun, à la tête des 56e et 59e BCP. « Mes chasseurs sont toujours magnifiques, j’en suis très fier après dix-huit mois », dit-il au mois de janvier 1916. Conscient de l’enjeu que représente le secteur de Verdun, il ne cesse d’alerter les autorités françaises sur la vulnérabilité de cette partie du front. Driant questionne : « Pourquoi enlever les deux batteries d’Haumont qui font si belle besogne depuis qu’elles sont là, qui n’ont jamais été repérées et qui surtout donnent une confiance extrême aux occupants de toute la ligne ? »

Le 20 février Driant écrit à sa femme : « Leur assaut peut avoir lieu cette nuit comme il peut encore reculer de plusieurs jours. Mais il est certain. Notre bois aura ses premières tranchées prises dès les premières minutes car ils emploieront flammes et gaz. » Au matin du 21 février 1916, les premiers obus déchirent le ciel du Bois des Caures. Très vite, les vagues d’assaut successives des Stosstruppen envahissent les positions tenues par Driant et ses hommes. Les chasseurs de Driant tiennent bon malgré le déluge qui s’abat sur eux. Mais le 22, alors que la plupart de ses hommes meurt autour de lui, le colonel Driant est touché mortellement à la tête, il tombe face contre terre.

La figure mythique des premiers jours de la bataille de Verdun est depuis la fin de la guerre célébrée partout en France, et plus particulièrement dans son village natal de Neufchâtel-sur-Aisne, où un monument est inauguré en sa mémoire dès le début des années 1920.

Depuis 2008, un petit musée lui est également dédié à Neufchâtel-sur-Aisne, où l’on peut y voir de nombreux documents sur sa famille et son parcours d’officier, auteur et homme politique.

Les Amis du Musée Driant :
1 Place de la Mairie
02190 NEUFCHATEL-SUR-AISNE

Tél : 03 23 20 87 96

Email : Jean-Marie.Lenice@orange.fr

site internet du Musée Driant

Visite toute l’année, sur rendez-vous.


Voir en ligne : Site internet du Musée Driant à Neufchâtel-sur-Aisne


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