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Exposition "Septembre 2014 : des Britanniques au Chemin des Dames"

L’exposition de la Caverne du Dragon - Musée du Chemin des Dames propose un hommage aux combattants britanniques. A voir d’avril 2014 à avril 2015 à Oulches-la-Vallée-Foulon.

A l’occasion du centenaire 2014, la Caverne du Dragon-Musée du Chemin des Dames présente une exposition temporaire consacrée à la première bataille de l’Aisne et à la présence des troupes britanniques au Chemin des Dames.

L’exposition analyse les combats de la mi-septembre 1914 dans l’Aisne qui opposent, après la Marne, les troupes allemandes au corps expéditionnaire britannique et au 18ème corps de la Vème armée française. Des combats violents encore peu connus. Les combats de septembre 1914 dans l’Aisne font pourtant partie des derniers soubresauts de la guerre de mouvement et donnent la mesure des enjeux que sont, dans le territoire de l’Aisne, le passage de la rivière Aisne et la montée à l’assaut du Chemin des Dames. Les forces britanniques en font le douloureux apprentissage : elles doivent franchir l’Aisne le 13 septembre. Le 14 septembre, leur assaut à travers les champs de betteraves et les bois, sur un terrain escarpé et boueux, se révèle particulièrement meurtrier : les Allemands ne font plus retraite, ils ont creusé des tranchées et installé des postes de mitrailleuses. Entre le 12 septembre et le 8 octobre, les pertes britanniques s’élèvent à plus de 10% des troupes engagées. Du 13 au 15 septembre, les troupes françaises qui attaquent entre Paissy et Craonne butent sur les mêmes obstacles et connaissent la même désorganisation.

Après ces combats, chaque camp s’enterre et l’organisation alliée se structure : les Britanniques rejoignent le front des Flandres en octobre.

Des combats oubliés ?

Après l’avancée allemande jusqu’aux portes de Paris et la première bataille de la Marne, du 6 au 10 septembre 1914, avant la « course à la mer » à partir du 17 septembre souvent présentée dans les ouvrages historiques et les manuels scolaires, ont lieu des combats d’une grande violence dans la vallée de l’Aisne et sur les versants sud du plateau du Chemin des Dames. Ces combats occupent relativement peu de place dans l’historiographie du premier conflit mondial et sont, notamment dans le cas britannique, peu présents dans la mémoire collective. Or, l’étude de ces journées de septembre 1914 sur le front de l’Aisne est à plusieurs égards très importante.

• Ces combats sont d’une grande violence et rendus particulièrement difficiles côté allié par la donnée de la rivière, qu’il faut franchir, et du Chemin des Dames, qu’il faut gravir.

• Les combats de la mi septembre 1914 constituent les derniers moments de la guerre de mouvement dont l’échec est patent. A ce titre, ils constituent le temps où le conflit dans sa première phase s’arrête et entre dans la phase de guerre de positions.

• Après ces combats, l’organisation alliée se structure : les troupes britanniques rejoignent le front des Flandres et l’armée française reprend les positions britanniques de l’Aisne. Le temps de septembre est donc aussi un moment dans la guerre où étudier deux armées, deux expériences, deux récits peut-être du conflit.

• Côté français, certains régiments qui combattent en septembre 1914 reviendront en avril 1917. Dès lors, on peut s’interroger sur ce qui se rejoue en 1917 que 1914 avait déjà montré : avantage évident des positions allemandes en hauteur sur le Chemin des Dames, topographie particulière du plateau qui ménage des rentrants (ravin de Troyon) et des saillants où l’armée allemande peut disposer des mitrailleuses particulièrement meurtrières.

Une mémoire diffuse

La mémoire des combats britanniques de 1914 demeure faible au Chemin des Dames : un monument britannique à Cerny-en-Laonnois, les cimetières comme celui de Vendresse par exemple. Les disparus de ces combats côté britannique sont commémorés au Mémorial de La Ferté-sous-Jouarre. Mais il s’agit là des rares exemples mémoriels visibles dans le paysage. Une autre mémoire, plus fugace, existe : celle des traces laissées par des soldats britanniques dans leurs lieux de cantonnement, carrières, caves de maisons, églises, celle des tombes isolées dans les cimetières civils comme à Soupir, celle des souvenirs familiaux qui amènent encore aujourd’hui, en 2013, nombre de Britanniques à venir sur les anciens champs de bataille de l’Aisne à la recherche d’un lieu, d’une histoire.


Voir en ligne : www.caverne-du-dragon.com


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